Spécificités
de la région maritime

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  Le Centre Régional de l'INRH à Tanger  
 

Spécificités de la région maritime

La spécificité de la région maritime de Tanger se traduit non seulement par sa situation géostratégique, mais également par la diversité à la fois des richesses halieutiques qu’elle abrite et des activités socio économiques de pêche engendrées. En effet, elle a la particularité d’être entourée par trois écosystèmes, différents les uns des autres :

Atlantique nord : se présente avec un massif rocheux et des fonds marins qui s’apprêtent à tous types de pêche, aussi bien aux engins actifs (sennes tournantes, chaluts) qu’aux engins passifs (madragues, palangres, trémail, filets maillants, etc.), et une diversité biologique importante. Par ailleurs, les terres basses situées le long de la frange littorale située entre Larache et Tanger, de par leur environnement et leur richesse biologique, offrent également de grandes potentialités pour le développement de fermes piscicoles. L’exploitation de ces ressources halieutiques du plateau continental de cette zone, se fait à partir des deux principaux ports ; Tanger et Larache. En effet, ces deux ports abritent d’importantes flottilles côtière et industrielle, composées de senneurs, palangriers, chalutiers congélateurs et chalutiers de pêche fraîche aux crevettes.

Détroit de Gibraltar : fonds marins accidentés et très profonds par endroit, avec une hydrodynamique complexe. C’est une zone de transition dont les écosystèmes marins sont privilégiés par plusieurs espèces, appartenant notamment aux familles des grands poissons pélagiques et de crustacés. Il constitue un milieu incontournable lors des migrations d’espèces de thonidés, essentiellement composées d’espadon, de thon rouge, de makaires voiliers et de thonidés mineurs. Les passages migratoires de ces espèces à travers ce Détroit, se produisent chaque année pendant des saisons bien déterminées, et ce, entre l’Océan Atlantique et la mer Méditerranée et vice-versa, conditionnés par les besoins physiologiques de ces espèces, à savoir la reproduction et l’alimentation. D’ailleurs, les plus grandes productions du Royaume de thon rouge et d’espadon sont réalisées dans les eaux maritimes de la région de Tanger. Le port de Tanger se classe comme étant le premier port de débarquement d’espadon, faisant même du Maroc le second pays producteur de cette espèce à l’échelle de la Méditerranée, après l’Italie.

Méditerranée occidentale : environnement ayant une hydrodynamique conditionnée par l’écosystème de la mer d’Alboran et les échanges avec l’Océan Atlantique ; elle présente des fonds marins et une diversité biologique, diversifiés les uns que les autres. Les activités d’exploitation de ces ressources se font par de diverses flottilles de pêche, aussi bien des petits métiers que de la pêche côtière. Ces flottilles sont abritées par deux principaux ports ; M’diq et Jebha, et de nombreux sites de débarquement dont certains choisis pour devenir de vrais villages de pêcheurs.

Ces différents écosystèmes marins se trouvent extrêmement convoités par l’Homme, pour  diverses activités, autres que l’exploitation des ressources halieutiques, à la fois urbanistiques, touristiques, industrielles et de transport maritime. En effet, les régions marines de Méditerranée, du Détroit de Gibraltar et d’Atlantique nord connaissent une pression galopante des activités humaines de différentes natures. Mais celles qui présentent le plus de danger sont celles qui sont à la source de pollutions chimiques. Le trafic maritime y est de plus en plus intense, à travers notamment le Détroit de Gibraltar, assurant le transport de produits d’hydrocarbures en provenance de régions productrices de ces ressources et à destination de pays industrialisés d’Occident. Ce trafic maritime, un des plus intenses du globe terrestre, constitue le principal danger sur les écosystèmes marins de cette région.




 
 
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